“S’il fallait situer ma création, j’aimerais que l’on parle d’art poétique mais surtout pas d’art naïf: ma peinture, ce sont des mots en couleurs, des rêves en tableaux. C’est surtout une appropriation de “Ma Ville”.

J’ai rencontré l’œuvre du Peintre Autrichien Hundertwasser, la poésie de Prévert… la nature entre les dalles de béton, la marguerite qui devient dans cet environnement, un bouquet d’espoir. J’ai rencontré à Paris, le critique d’art Dominique Jacquemond qui m’a encouragé et accompagné et j’ai le souvenir d’un stage dans l’atelier de lithographie Pons ou les pierres gardent en mémoire la main de Poliakoff, Nicolas de Staël ….

Je n’ai pas connu le Beyrouth de la forêt des Pins, l’animation, le bruit et les odeurs de la place des canons. Je n’ai pas pu voir la mer à travers les champs de bananiers, les collines blanches de pétales des amandiers : JE SUIS DE La GÉNÉRATION DE LA RECONSTRUCTION ; on a scié le néflier qui poussait dans les ruines.”

J’ai toujours été ému par la plante poussant dans la fissure d’un mur ou fleurissant dans la faille d’une chaussée bitumée.

 

Vanessa s’épanouit sur le terreau blanc de la toile, fragile mais tellement vivace, qu’à la pensée simpliste de naïveté, je réponds : Poétique.

 

L’Artiste pose les couleurs rares sur une ville, son Beyrouth, et par son talent camoufle, non, occulte les stigmates de la guerre, les cagoules noires sertissant des yeux aux émaux rouges de haine.

 

Cette jeune femme chemine dans les rues, pavé par pavé, sans voiture ni foule : On est prêts à la suivre apaisés, d’autres aux semelles de vent sentiront que la route noire est une écharpe, les nuages des corbeaux…

 

 

 

Jean Dominique Jacquemond

Critique d’art

 

Paris, Août 2009