Je me réveille tous les jours un peu avant l’heure bleue. Bercée par ma solitude, je contemple le ciel s’éclaircir petit à petit et un fond de moi se réveiller, commencer à s’apprécier, loin du monde, loin des autres – c’est bien ça l’enfer, les autres.

            Bercée dans ma solitude, je vois le noir à l’extérieur refléter ‘mes grises pensées’ et j’attends qu’un début de bleu ne prenne le dessus. 

… Des lumières s’allument par-ci par-là, ma ville se réveille. 

J’observe ce jaune électrique, une lumière fausse, une lumière d’hommes et j’attends, j’attends que le ciel se réveille.

Seule dans mon noir, je garde espoir et un regard braqué sur l’horizon, j’attends ce petit bleu, grand précurseur d’oranges, de jaunes, et de rouges qui grandiront un instant avant de retomber dans le bleu du ciel de mon pays.

Seule dans mes aurores, comme seule face à mes toiles, j’attends patiemment que jaillisse cette explosion de couleurs du fond de moi, du fond du ciel et qu’on se réveille, qu’on se partage ; que cet amour qui vienne du fond de moi ne s’étale, ne se multiplie pour retrouver l’autre, à qui je m’adresse, finalement. 

Vanessa Gemayel

Beyrouth, le 26 Février 2019