Ville rouge et nuits en dentelle

Les mille et une nuits
Acrylique sur toile, 70x70cm, 2021

Elle poursuit sa course à travers les nuits, dans sa ville, son Beyrouth, explosé, déchiré, mis à terre. 
Un sang rouge cramoisi coule de ses mains se transforme et devient cire. 
Absence d’humains mais elle est là pourtant, elle ne se cache pas, son absence se fait présence alors qu’elle danse entre les ombres des fenêtres en arcade. 
Se rencontrer, te rencontrer…
Et partir, à travers des tunnels lunaires, partir avec toi, en virées nocturnes, sous des ciels bleutés, rosés, noirs.
Traverser les crépuscules et guetter l’aurore tanguer au loin.
La nuit, la lune, un ciel,
Un monde autre.
Partons.
Tu viens ?
La ville rouge brûle, viens avec moi, je t’invite à t’évader. Prenons le vent et envolons-nous. Je t’implore, te caresse, te murmure des mots bleus, avec les mélodies qui vont avec. 
Tu es là, tu es venue, toute en noire mais sur du blanc, avec du rouge mais dans du noir, dans le jaune, avec du bleu, tu deviens vert tout d’un coup.
Et Badaboum, on décolle, on s’enfonce dans une nuit puis l’autre. Comme j’aimerais qu’il en soit 1000 et une, plus même. Que la nuit ne s’arrête pas, que les couleurs continuent à briller ainsi sous les reflets des rêves, bercées par la tendresse de ton regard, partons jusqu’au bout de la nuit.

Vanessa Gemayel

Beyrouth, le 10 Avril 2021