LES AILES DES CIMES

V. – Les ailes des cimes
acrylique sur toile, 56x70cm, 2019

Vanessa découvrit qu’un pinceau était une baguette pouvant apporter de la couleur à ses grises pensées.

Le peintre avait alors costumé sa ville de Beyrouth de chatoyants habits, les façades se couvraient de pierreries, les fenêtres de broderies ; les murs dansaient, enlaçant les vieilles demeures, aux couleurs du carnaval de Venise.

Après le succès de ses premières expositions, elle remarqua dans ses toiles l’absence des hommes, de leurs silhouettes, des arbres et de leurs ombres.

A cette époque, elle signe le manifeste « Nous voulons des arbres » et intervient au colloque de l’Université du Saint Esprit de Kaslik, sur l’environnement.

Elle quittera la capitale pour la montagne de Bikfaya.

Aujourd’hui, faisant face aux « Ailes des Cimes », Vanessa mue son pinceau en baguette de chef d’orchestre. Aussi, devant le chevalet, pupitre, cette amoureuse de la musique fait sonner les cors, envoler les cymbales, le violon devient palette, sa gestuelle déplace les montagnes, brosse les ciels, pétrit les nuages.

Rouge pourpre, jaune amer, le jeu de la séduction a fait place à la violence d’un souffle expressionniste qui souhaite montrer que le vert peut être de la couleur d’un tesson tranchant de bouteille, que le soleil qui aveugle Van Gogh peut tuer les abeilles après avoir butiné leurs cœurs empoisonnés …..

J’ai lu que dans les pépinières, on mettait de la musique classique pour faire rougir les tomates dont les pieds ne touchaient pas le sol  

…la Culture « Hors Sol »…

                                                                        Jean Dominique Jacquemond

                                                                            Historien d’art

                                                                          Paris, France – 27/01/2019

Published by Vanessa

« Vanessa Gemayel met en scène sa ville, son Beyrouth qui dans ses premières œuvres envahit toute la toile rendue lumineuse par la richesse des façades de pierreries... parure de princesse orientale.
Mais, lucide, elle connaît aussi les coulisses derrière le décor séducteur, les bouts de ficelle, les rouages de la machinerie qui peut faire passer l’éclairage de la scène du bleu roi au bleu nuit… »

- Extrait du texte du critique et historien d’art Jean-Dominique Jacquemond, Du Bleu Roi au Bleu Nuit, pour l’exposition On m’a caché la mer à la galerie Aïda Cherfan Fine Art, Novembre 2015.